Le Prince Rainier III méritait son titre de «Prince bâtisseur». Par l’engagement de grands travaux dès les années 1950, il a permis d’agrandir le territoire de la Principauté de 1/5e de sa superficie. Notamment grâce au lancement d’une opération d’envergure en 1965, entre le Rocher et Cap d’Ail : la création sur la mer d’une emprise de 220 000 m2 de terrain qui a donné naissance au quartier de Fontvieille, poumon économique de l’Etat. Oui mais voilà, l’attraction exercée par ce tout petit pays est telle qu’il affichait en 2004 le record planétaire en terme de densité de population. Depuis des années, Monaco ne se développe plus qu’en hauteur. C’est donc dans le souci d’accroître son rayonnement économique à long terme, d’améliorer le cadre de vie des Monégasques, d’offrir de nouvelles capacités d’accueil aux entreprises et aux résidences, d’augmenter les capacités portuaires et de les adapter aux navires de grandes tailles que SAS le Prince Albert II a lancé un appel d’offres international le 21 juillet dernier pour mener à bien projet très ambitieux qui permettra à la Principauté de gagner une dizaine d’hectares sur la mer. Cette extension de l’urbanisme se situera à Monaco «Le Portier», au pied du casino de Monte Carlo. Sa réalisation est évaluée entre 5 et 10 milliards d’euros, le premier coup de pioche est prévu pour fin 2007-début 2008 et les premiers bâtiments devraient être livrés en 2014. Autant dire demain. 100 000 m2 de logements Fin décembre 2006, quatre candidats ont été autorisés à concourir : deux groupements monégasques, l’entreprise Vinci et un investisseur du Qatar. Ils ont jusqu’à cet automne pour rendre leur copie. Et pour pouvoir espérer participer à ces travaux titanesques, leur projet devra tenir compte des contraintes environnementales imposées. Pas question en effet d’utiliser les mêmes procédés que pour la création de Fontvieille. A la technique du remblai sera préférée la construction d’un sol artificiel qui permettra de préserver la réserve du Larvotto et le tombant coralligène. 55% de la surface de cette extension ne devra pas être bâtie. Environ 250 000 m2 seront impartis à l’érection d’immeubles à dominante résidentielle haut de gamme et privée. 40% de la surface (au minimum) seront occupés par des logements qui devront accueillir une part significative de résidents actifs. 10% de cette «sous surface» sera dévolue au parc public destiné aux Monégasques. 6 500 m2 seront réservés aux équipements de services aux habitants (crèche, école, poste, police et centre de secours). Les infrastructures touristiques de très haut niveau et les locaux d’activités tertiaires auront aussi leur place (10% de la surface chacun). Utiliser les énergies renouvelables Dans la conception de ces ouvrages, la qualité architecturale et la compatibilité avec le tissu urbain existant constitueront deux points essentiels. La réflexion sur la maîtrise des énergies devra quant à elle se concrétiser par le recours aux énergies renouvelables pour l’éclairage, le chauffage et/ou la climatisation, notamment par l’utilisation de pompes à chaleur sur l’eau de mer ou la mise en oeuvre du procédé photovoltaïque. Ce nouveau quartier disposera d’une voie verte, de pistes cyclables, de transports électriques et d’un chemin public sur tout son pourtour. La possibilité de la création d’une plage publique avec les établissements balnéaires associés ne constitue qu’une option. Enfin, un «équipement phare» auquel 15 à 20 000 m2 sont réservés devra contribuer au rayonnement international de Monaco. Le cahier des charges ne précise pas à quelle activité il doit être dédié mais impose qu’il puisse être considéré comme «une véritable oeuvre d’art». Il pourrait bien s’agir d’un nouveau musée. Les entrepreneurs retenus devront relever le défi de diriger un chantier extraordinaire sans interférer sur la vie monégasque. Donc en opérant depuis la mer. Pour les acteurs du marché immobilier, cette réalisation est plutôt une bonne nouvelle. Témoins de la pénurie de produits dans la Principauté, ils estiment «utile» de créer de nouveaux logements haut de gamme que le marché actuel serait capable d’absorber. Ils préfèrent cependant rester prudents, rappelant que nul ne peut prévoir l’avenir… même si la tendance est résolument à l’optimisme sur le Rocher.
 
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