Aurions-nous un peu perdu la tête pour nous jeter à corps perdu dans la lecture de quelques listings énumérant les dernières interventions esthétiques à la mode dans le seul but de faire notre marché pour refaire nez, lèvres, seins et tutti quanti ? Question provocatrice, allez-vous dire... et pourtant non. Des médecins spécialistes tirent le signal d’alarme. Le docteur Thomas Modschiedler, qualifié en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique et le docteur Michel Zbili, médecin, qui exercent dans le midi de la France, s’inquiètent d’une potentielle dérive dans un domaine où l’intérêt commercial et l’obsession du jeunisme s’entremêlent parfois de façon périlleuse. Au risque d’entraîner un jour cette belle discipline à sa perte. “Il est urgent de retrouver une vraie éthique et de rendre au spécialiste ce qui revient au spécialiste” disent de concert ces deux médecins. “Il n’existe pas de spécialiste en tout. Et si quelqu’un tentait de vous le faire croire, partez en courant !” ajoute le docteur Zbili. Alors que faire quand on souhaite changer quelques défauts de sa personne, retrouver le goût de sa silhouette, effacer le poids des ans ? Avant tout prendre rendez-vous chez un praticien de notoriété établie. Réfléchir avant d’agir C’est ce praticien qui vous écoutera patiemment, établira un lien de confiance. “La base de notre travail n’est pas d’opérer pour opérer”, confirme le docteur Modschiedler, “mais de parler avec la personne longuement (je n’hésite pas à la faire revenir plusieurs fois avant une opération éventuelle) pour la comprendre, entendre ses aspirations, ses problèmes. Ensuite, j’explique ce que l’on peut faire, je décrypte l’opération envisagée en détaillant ses avantages, ses inconvénients, sa caractéristique transitoire ou irréversible”. Dans une société où tout va vite, où l’apparence triomphe... en apparence, où l’exigence de la perfection flirte en permanence avec le virtuel, ce médecin, comme tant d’autres, agite le drapeau rouge et appelle au calme, à la sérénité d’une décision qui doit être assumée pour elle-même. “Il faut que le patient ait fait lui-même un travail préalable. Pas question pour nous d’intervenir en plein stress. Nous ne soignons pas une maladie, la démarche est beaucoup plus complexe. Nous vivons dans un monde qui rejette l’artificiel mais qui plonge allègrement dedans quand il en a envie. C’est infiniment paradoxal. Nous devons intégrer et faire intégrer la relativité des choses pour ne pas décevoir” dit encore le docteur Modschiedler. Dans ce cas de figure, quand le rapport de confiance est parfaitement établi, quand le patient décide de son intervention en connaissance de cause et qu’il n’habille pas son médecin en docteur Faust, l’intervention esthétique est une magnifique réussite. On y gagne souvent en estime de soi, en assurance, en équilibre. Et il suffit parfois de si peu…
 
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