Sur la Côte d'Azur ou ailleurs, l’aviation d’affaires séduit de plus en plus les entreprises qu’elles soient de moyennes ou de grandes tailles. Il faut dire que ce segment de l’activité aéronautique a su s’adapter aux besoins des uns comme aux nécessités des autres. Les constructeurs ont développé de nouveaux produits répondant aux exigences certes budgétaires mais aussi d’utilisation. Nous avons rencontré trois professionnels de l’aviation civile et d’affaires qui nous exposent tour à tour leur vision de ce marché planétaire : Monsieur Umberto Vallino, Responsable Marketing, Monsieur Olivier Dufour, Directeur de l’aéroport Cannes Mandelieu et Monsieur Pascal Ravel, Directeur marketing de Flying Group.
Interview de Umberto Valino
L'aviation d'affaires: de nouveaux enjeux
Golf Méditerranée : qu’est ce que l’Aviation d’Affaires et quels en sont ses avantages ?
Umberto Vallino: L’aviation générale inclut tout avion non exploité par les lignes aériennes ou les militaires. L’Aviation d’Affaires, un des segments les plus importants de l’aviation générale, est constituée par des sociétés et des individus utilisant l’avion comme un outil dans la conduite de leurs affaires. Le grand marché européen nécessite de plus en plus des déplacements rapides pour les dirigeants des sociétés. L’Aviation d’Affaires réduit énormément toute contrainte liée aux horaires, aux correspondances et aux délais d’enregistrement. Elle offre une garantie des niveaux de sécurité et de sûreté beaucoup plus élevés que l’aviation commerciale. Les passagers dans un avion d’affaires font parti d’un même cercle de travail ou de famille et les équipages sont des employés de confiance. Toutes les procédures de contrôle sont beaucoup plus rapides et les formalités d’embarquement presque inexistantes. Les temps d’attentes sont réduits au strict nécessaire. Le jet : c’est comme vous voulez, quand vous voulez, pratiquement où vous voulez et avec qui vous voulez. Et dans l’avion qui vous convient !
G.M. : Comment se développe le marché de l’aviation d’affaires et trouve-t-on des nouveaux produits ?
U.V. : Après une courte période de stagnation à la fin du siècle dernier, la flotte mondiale d’Aviation d’Affaires se dirige vers une croissance qui laisse présager que quelques 7 700 avions d’affaires devraient être commandés d’ici 2013, (prévisions de Honeywell Aerospace). Les coûts d’exploitation des avions privés sont de plus en plus réduits grâce aux nouvelles générations d’avions notamment avec les Very Light Jet.
G M : En quoi le Very Light Jets se différencie-il du reste du marché ?
U.V. : 2007 sera dans l’histoire de l’aviation d’affaires comme l’année des «Entry Level Jets ou jet d’entrée de gamme plus communément appelés VLJ (Very Light Jets) Ils sont souvent la première acquisition d’un jet pour un homme d’affaires. Ces VLJ se divisent en 3 catégories. Les «Personnal» jets qui sont spécifiquement dessinés pour le pilote privé qui veut disposer d’un avion performant, les «Ultra Light» Jet qui s'adressent à la fois aux pilotes privés et au marché du taxi aérien sur les courtes distances et les «Very Light» Jets qui sont des avions d’affaires classiques mais d’une conception et d’un coût moindres que ceux actuellement construits. Leur prix d’acquisition relativement bas se situe entre 0,8 et 3 millions d’euros comparable à un monomoteur à piston mais avec un coût d’exploitation bien moins élevé que les bimoteurs à pistons actuels.
G.M : On perçoit les nombreux avantages de l’aviation d’affaires. Mais compte tenu de l’apparente démocratisation, qu’en sera-t-il en matière d’encombrement du ciel et de sécurité avec la venue des Very Light Jets ?
U.V : Une bonne partie des ce nouveaux jets seront pilotés par des pilotes professionnels employés par les sociétés. Pour le particulier qui désire passer au «jet» des programmes d’entraînement et mise à niveaux sont proposés par les constructeurs. Le contrôle aérien européen s’est posé la question du traitement de ce trafic supplémentaire et différentes solutions sont envisageables, comme leur réserver ou leur interdire certains niveaux de vols. (= altitudes). De plus, la technologie actuelle permet d’équiper les avions de systèmes performants pour garantir la sécurité des vols comme le TCAS (Traffic Alert and Anticollision Avoidance System - système d’avertissement de trafic et d’évitement d’abordage).
Interview d'Olivier Dufour
L'aéroport Cannes-Mandelieu stratégiquement placé: ancré entre la cité cannoise célèbre pour son festival du film et celle du mimosa, l’aéroport Cannes-Mandelieu a une situation géographique parfaitement adaptée à l’aviation d’affaires. Une bonne occasion d’en parler avec M. Olivier Dufour, Directeur de l’aéroport.
Quel a été le cheminement qui vous a poussé a accueillir l’aviation d’affaires sur l’aéroport?
Le développement mondial, le grand marché économique de notre région avec une Europe élargie et une clientèle du moyen Orient toujours plus présente, l’accroissement des déplacements des hommes d’affaires ont poussé les clients haute contribution des compagnies aériennes traditionnelles vers la solution la plus efficace pour le business, l’avion d’affaires. Un besoin s’est créé pour les décideurs qui souhaitaient gagner du temps et de la discrétion.
Où en est-on aujourd’hui au niveau de la Côte d’Azur ?
Avec 36 000 mouvements en 2006, les aéroports de Nice et Cannes- Mandelieu occupent la cinquième place européenne devancés par Paris-Le Bourget, Milan, Londres et Genève. Chacun des aéroports qui sont gérés par la Chambre de Commerce et d’Industrie a sa spécificité au niveau du trafic. Celui de Nice est orienté vers la rotation rapide et les avions de plus de 2 tonnes n’ayant pas accès à celui de Cannes-Mandelieu pour des raisons environnementales. Ce dernier qui a enregistré près de 12 000 mouvements affaires l’année dernière, s’est positionné sur les services et infrastructures d’accueil des entreprises aéronautiques et des propriétaires d’avions souhaitant baser leurs activités sur la Côte d’Azur.
Quels sont vos projets de développement dans ce domaine au niveau de l’aéroport Cannes-Mandelieu ?
Dans cette logique de privilégier une aviation d’affaires basée, nous allons construire des hangars aéronautiques, des bâtiments administratifs, et proposer à cette clientèle toute une série de services haut de gamme adaptés à leurs besoins. Tout cela est prévu dans le respect de nos riverains qui ont eux-mêmes donné leur accord pour la concrétisation de ces projets. Nous avons par ailleurs imposé aux architectes un cahier des charges pour des constructions dites HQE(Haute Qualité Environnementale). Il est essentiel que le développement de l’aéroport se fasse non seulement dans une perspective de qualité de services aux clients, mais également dans le respect du cadre de vie et de l’environnement de ses riverains.
Quels sont ces projets ?
Deux espaces de bureaux de 4 000 mètres carrés vont permettre d’accueillir un pôle de formation aux métiers de l'aérien et un espace «simulation et entraînement virtuels» pour le pilotage. De plus, trois hangars aéronautiques ainsi que deux et commerciaux, consacrés à l’aviation d’affaires, seront construits. Tout se met donc en place pour la création d'un pôle aéronautique de tout premier niveau européen.
Interview de Pascal Ravel
Effet cascade pour Flying Group: à partir de son vecteur d’origine Anvers, Flying Group est devenu la principale société d’aviation privée et d’affaires du Bénélux. Parallèlement, le groupe s’est ouvert sur l’étranger et notamment en France où de gros investissements ont été réalisés dans les deux sites qui ont été choisis. D’abord sur le site de l’aéroport de Cannes-Mandelieu, grâce à un investissement de 3 millions d’euros, le projet de hangar et bureaux vient d’être terminé. Sur l’aéroport du Bourget, un Terminal VIP est déjà opérationnel, et un grand hangar de quelque 5 300 mètres carrés est en cours de construction. Ingénieur diplômé de l’Ecole Nationale d’Aviation Civile, Pascal Ravel, directeur général de Flying Group France, est chargé du développement de l’activité de la société sur la France, à partir des bases constituées sur les deux sites clés de l’aviation d’affaires en France.
L’état des lieux à Cannes-Mandelieu ?
«Une équipe commerciale, dans un bureau de l’aérogare principale, mais surtout un hangar VIP où l’on peut placer jusqu’à sept avions d’affaires de taille moyenne. Le tout forme une base opérationnelle idéale pour la région.»
Quel cheminement avez-vous choisi au niveau de votre clientèle ?
«Le conseil. Nous analysons les besoins du client, nous lui proposons un service personnalisé à taille humaine avec comme point d’orgue l’optimisation du temps. Et la liberté totale offerte par un avion privé de pouvoir voyager où et quand il le souhaite afin de pouvoir agir en direct.»
L’avantage du jet privé ?
«Un gain de temps et de productivité considérables en font un outil de travail indispensable. Il change la vie et facilite les déplacements dans un climat de sécurité et de sûreté.»
Celui de la copropriété que vous proposez aussi ?
«C’est un concept révolutionnaire car il permet au client de profiter des avantages de la propriété sans en avoir les inconvénients. Par exemple, après avoir analysé ses besoins on lui conseille l’achat d’une part du jet privé qui correspond au nombre de jours de vol nécessaires à cadrer dans ses besoins et son budget. Avec trois avantages, financiers (diminution de l’investissement, coûts fixes de gestion, coûts variables au niveau de certaines charges d’exploitation, garantie de la liquidité de l’investissement…), fiscaux (dans de nombreux pays), et liés à la gestion (disposition de pilotes chevronnés, entretien de l’avion par son constructeur, suivi des procédures d’exploitation, flexibilité…)».
De quelle flotte le groupe dispose-t-il actuellement ?
«La flotte dispose actuellement d’1 Cessna Citation Jet, 3 Cessna Citation Bravo, 3 Cessna Citation Excel, 2 Cessna Citation X, 1 Challenger 604, 1 Falcon 900 C, 1 Falcon 900 DX et 1 Falcon 900 Ex Easy tandis que 2 Citation Jet 3 neufs vont s’ajouter d’ici l’été, un Falcon 2000 Ex Easy d’ici Septembre. L’année prochaine sera marquée par l’arrivée des machines phares de l’aviation d’affaires de ces prochaines années, le Citation Mustang (Flying Group en a commandé 3), un Very Light Jet, et le Falcon 7X (Flying Group en a aussi 3 en commande), Jet avec une grande cabine et une très grande autonomie desservis par une technologie de pointe.»
L’effet cascade est de bon aloi au niveau de l’impact tandis que le bon créneau a été trouvé avec le «very light jet» pour Flying Group en plein essor.