Le portail du golf en Méditerranée
Balade gourmande sur la côte d'azur
Epuisé, surmené… Votre décision est prise, vendredi en fin d’après-midi vous chargez fers, bois et putters, direction les golfs de la Côte d’Azur. A vous, deux jours de détente, de swings endiablés et de carries vitaminés. Si le programme sportif ne présente aucune zone d’ombre, difficile de trancher devant la diversité du paysage gastronomique de la région. On vous a dit beaucoup de bien de cette cuisine colorée, parfumée et typée, de ces villes tantôt festives, tantôt sereines, de ces tables du bord de l’eau ou de ces sites bucoliques et enchanteurs. Vous désirez tout cela à la fois, avec un impératif géographique : pas question de quitter Mougins ou Cannes. Deux heures tout au plus, route comprise, dévolues aux agapes.
Samedi matin, la tension de la semaine entame encore votre concentration. Résultat : un bunker vient nuire aux performances. Envie de changement radical ? Qu’à cela ne tienne, La Croisette n’est qu’à six kilomètres. Cap sur la promenade la plus célèbre du monde. Le Fouquet’s Cannes, dans l’enceinte du Majestic Barrière, la joue brasserie de luxe. Certes, vous auriez pu opter pour un endroit plus typique, mais l’établissement ne se contente pas de reproduire les couleurs et l’ambiance du 99 avenue des Champs Elysées à Paris. Vous vous trouvez face à la Méditerranée et au Palais des Festivals, dans un décor imaginé par Jacques Garcia.
Depuis quatre ans déjà, Le Fouquet’s distille son style chic et décontracté, honore le septième art et accueille dans sa salle aux deux cent vingt couverts ou au bord de la piscine agrémentée d’émaux de Murano. Idéal à l’heure de l’apéritif, il s’avère parfait au déjeuner. La simplicité des mets fait recette. Les grands classiques de la brasserie fonctionnent, ainsi le Chateaubriand béarnaise et pommes Pont Neuf, le tartare de bœuf, le foie de veau persillade, la poêlée de champignons du moment «Meurette» ou la soupe de poisson. Le banc de coquillage se montre à la hauteur, la région s’invite dans certains plats et l’originalité prend la forme d’un tajine d’agneau à l’abricot en croûte. Equilibré et savoureux côté assiette. Branché et bien placé, par ailleurs.
La Côte d’Azur, c’est aussi ses chefs. Ducasse, Robuchon, Chibois… Et Alain Llorca. Doublement étoilé au Négresco, il reprend Le Moulin de Mougins en 2004, un lieu déjà rendu célèbre par Roger Vergé. L’hôtel bénéficie du label Relais & Châteaux. A quelques encablures de la Cité des Parfums et des verreries de Biot, le bâtiment du XVIe siècle assure un service traiteur, une école de cuisine, des cours d’œnologie et propose plus de cinq mille bouteilles dans sa boutique. Jacqueline Morabito décore ce lieu lumineux, où le blanc, le prune et le rose se côtoient, cet endroit où les lustres baroques voisinent avec les sculptures de César, Arman, Folon et les signatures de Sharon Stone, Liz Taylor et Paul Bocuse.
Alain Llorca élabore une cuisine du sud, aux accents provençaux ou espagnols, «simple, rassurante pour l’organisme». La recherche porte sur trois thèmes qu’il décline avec imagination et talent : classique, respectueux d’une tradition légendaire ; contemporain, nouveau et parfois surprenant ; et léger, naturel, toujours équilibré. Cela donne un risotto aux cèpes de Lozère ou un poupeton à la truffe noire beurre crémeux de champignons des bois pour le premier ; une pizza en cube (poulpe, figatelli et anchois), ou une tartine Merenda (cèpes, jambon ibérique, figues fraîches), pour le deuxième ; un turbot barigoule d’artichauts ou une volaille en jambonnette farcie de cèpes pour le troisième. Une autre option, destinée à tous les convives d’une même table, mérite le détour : la Ronde des Tapas, composée de plats servis en portion dégustation.
L’expérience culinaire, qui allie saveurs, couleurs et parfums, constitue une véritable et goûteuse incursion dans l’univers de l’ancien élève de Ducasse. Jean-Michel Llorca règne sans partage sur la pâtisserie et concocte, entre autres délices, une Tour d’Ivoire, compote de citron vert et crème de fruits de la passion, cylindre de beurre de cacao à l’orange ; ou un moelleux aux chocolats et parfums d’agrumes, glace vanille aux zestes de citron. Le chef pâtissier excelle dans l’art du contraste, chaud froid, moelleux et croquant…
Vingt-quatre heures passées sous le signe de la chlorophylle, le retour à la Grande Bleue s’impose. Le restaurant du Miramar Beach Hotel, toutes baies ouvertes sur la mer, conjugue le savoir-faire de Jilali Berrakama et le talent du chef conseil Stéphane Raimbault, qui excelle déjà au Relais Gourmand L’Oasis, deux étoiles au Guide Rouge. Le duo de virtuoses fait la part belle aux produits locaux - l’ail, les olives, les courgettes-fleurs et l’anis. Ils empruntent aux terroirs méridionaux - Provence, Toscane, Lubéron et Espagne. Succulents, le cappuccino de cèpes et châtaignes aux écrevisses et le risotto de craterelles et langoustine au «pistou de persil plat» petite salade d’herbes aromatiques. Excellents, la terrine de pigeon au foie gras et pistaches et le dos de biche aux myrtilles, poire rôtie et châtaignes au céleri.
Le week-end touche à sa fin, il convient de ranger fers, bois et putters et clore d’une belle manière cette balade gourmande, retour sur La Croisette, au Martinez plus précisément.
L’étoilée Palme d’Or de Christian Willer et de son dauphin Christian Sinicropi fête ses vingt ans. Celui qui envisageait sa vie au travail de la terre, conduit la brigade d’un des restaurants les plus huppés de la Cité des Festivals depuis deux décennies. Des débuts opérés sous Jean Taittinger à aujourd’hui, on ne compte plus les changements : les sublimes suites du dernier étage, la réfection du hall, du lobby et de la réception, la création du spa Givenchy et de ZPlage, l’établissement exotique et zen du Martinez. Toujours selon cette dynamique, La Palme d’Or n’échappe pas à la règle.
En 2002, Sybille de Margerie planche sur la nouvelle décoration. Elle conserve la touche Art déco tout en dotant le restaurant d’éléments alors réservés à la contemporanéité. Elle emploie le teck, le chêne et le sycomore, use de la feuille d’or, travaille la lumière, les alliances de gris taupe, orange, prune, or et beige. La palme d’or et la pellicule reviennent comme autant de leitmotivs. Deux murs de photos prises pendant le festival du film renforcent l’allusion au septième art. Le cadre est planté, reste à découvrir le contenu de l’assiette : les chefs privilégient la transparence et osent les alliances. Pour s’en convaincre, il suffit de goûter à la timbale de chair de tourteau et d’araignée de mer vinaigrette au tamarin ou à la marguerite de lotte et tartare de bœuf à l’œuf de caille.
LES ADRESSES:
La Palme d’Or : 04 92 98 74 14.
73, la Croisette 06400 Cannes.
Le Fouquet’s : 04 93 38 97 90.
9, la Croisette 06400 Cannes.
Le Moulin de Mougins : 04 93 75 78 24.
Notre-Dame-de-Vie 06250 Mougins.
L’Etoile des Mers : 04 93 75 05 05.
47, avenue Miramar 06590 Théoule-sur-Mer.
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